Retour à la Fac pour « l’économie de l’innovation »

Non, non ! Mes motivations à retourner sur les bancs de la fac de Sciences Eco, que j’ai quittée il y a 2 petites décennies, n’ont rien à voir avec de la nostalgie (loin de là !). Elles relèvent plutôt de l’intérêt pour le sujet, « l’économie de l’innovation », et j’avoue un brin de curiosité.

L’Université Citoyenne m’offre cette opportunité et je la saisis.

C’est pas l’amphi 202 ?

9h40, je quitte la maison, dans les temps, après avoir pris soin de vérifier le lieu : bâtiment A1, amphi 202.

Je me gare ; j’ai 15 mn devant moi… « Yeah, je gère ! » Une voiture garnie de 4 jeunes garçons d’une petite vingtaine d’années se gare à mes côtés. « Ah oui, c’est vrai qu’ils sont vraiment très jeunes !».

J’entre dans le bâtiment. « Bah, je ne me reconnais plus. » Je demande mon chemin à une dame dans mes âges « Se retrouver entre personnes d’une même génération ça rassure ». Elle me guide jusqu’à l’amphi 202.

Je m’assois au fond de l’amphi, déjà occupé par de jeunes étudiants curieux de me voir entrer. J’envoie des sms à mes copines pour leur faire deviner où je suis (ah oui, j’ai aussi gardé un côté gamin). « Tiens, bizarre, une femme occupe l’estrade et les tables des étudiants sont déjà encombrées ». Je continue à rire intérieurement en envoyant des sms jusqu’à ce que 10h15 arrive, que les étudiants retrouvent tous leurs places et que la femme identifiée comme étant « le » maître de conférence n’ait toujours pas quitté son poste.

Là le doute me gagne (le cours auquel je me suis inscrite est dispensé par un homme). Je me retourne vers mon voisin et lui demande si je suis bien en « économie de l’innovation ». Il me répond hilare « ah non, pas du tout ! Il faut que vous alliez vous renseigner à l’accueil ». Je veux bien mais où ? Devant ma mine déconfite il m’escorte gentiment (et rapidement) jusqu’à l’accueil. Là, renseignement pris, le cours a en fait lieu salle A152. Je trouve la salle, frappe, et entre, confuse, en retard.

Première constatation, sur les 26 étudiants recensés il semblerait que je sois la seule présente au titre de l’Université Citoyenne (ça met à l’aise). Un indice (si on oublie la différence d’âge et c’est pas facile), je suis la seule équipée d’un sac à main au lieu d’un sac de cours. Deuxième constat, ça a évolué depuis mon époque, certains utilisent des tablettes. Troisième constat, le profil des étudiants a lui aussi changé : une communauté de 6 asiatiques s’est constituée aux premiers rangs à gauche de la salle.

Et le cours dans tout ça ?

C’est entendu, si le contenu du cours se résume à des pages de Lagrangiens telles que je les ai connues (et dont seul le nom me reste en mémoire), je ne reviens pas !

Je suis heureuse de constater que Monsieur Le Masne dispense à ses étudiants, certes de la théorie, mais pas que. Et il cherche à illustrer ses propos d’exemples de la vie quotidienne. Cette université qui ne se coupe pas du monde réel me rassure. Il ose même critiquer l’enseignement actuel de l’économie qui se fonde toujours sur une logique de biens industriels. « Ah, il m’est sympathique ce Monsieur Le Masne ! » Et encore un peu plus quand il se lâche et introduit une bonne dose d’humour à ses explications « Adam Smith nous disait que les services étaient détruits par l’usage dans l’instant, or, quand une femme fait appel aux services d’un chirurgien pour avoir des seins plus volumineux, elle souhaite que l’effet se prolonge au-delà de l’opération ». Belle métaphore, message reçu.

Alors, stop ou encore ?

Les 2 mon capitaine.

Encore parce que l’enseignement de ce maître de conférence me réconcilie avec l’université.

Stop parce que mardi prochain un nouveau rendez-vous que je n’ai pu caler en-dehors du créneau du cours m’empêche une nouvelle fois d’y assister.

Stop aussi parce que malgré le côté concret de ce cours, il est conçu, et c’est bien normal, pour un public d’étudiants. Ma dernière expérience d’un intervenant sur le thème de l’innovation était celle de Marc Giget qui avait proposé une conférence à un parterre d’entrepreneurs. Un format qui m’avait mieux convenu, et c’est là aussi bien normal.

Moralité : je tenterai quand même d’assister à quelques autres cours d’économie de l’innovation, en essayant d’arriver une fois en avance pour m’excuser auprès du responsable de la discipline.

Laissez un commentaire

You must be logged in to post a comment.